lundi 4 juin 2012

le 20 mai



Voici la série de jours fériés du mois de mai, qui finit en beauté avec le 20 mai, fête nationale du Cameroun.

Un peu d’histoire pour commencer.
Non, le Cameroun n’avait pas de prison de la Bastille à se faire prendre, le 20 mai correspond au 20 mai 1972: jour de la réunification du Cameroun. 

          Le Cameroun a été une colonie allemande en premier lieu, après la défaite de l’Allemagne lors de la première guerre mondiale, toutes ses colonies ont été redistribuées entre les pays vainqueurs, ainsi le Cameroun fut partagé entre la France et l’Angleterre, qui se vit attribué le sud-ouest du pays. Le Cameroun n’est alors plus une colonie officiellement, mais un protectorat.

Il faut attendre le 1er Janvier 1960, pour le pays acquiert son indépendance, avec comme premier président Amadou Ahidjo, qui resta jusqu’en 1982. L’indépendance ne signifie pas encore unité entre les deux parties du Cameroun, qui se voient attribuer chacun un premier ministre chacune. Dans un vœux de créer une unité nationale le président décide en 1972, de faire du Cameroun un pays unifié, c’est donc le 20 mai 1972, que le Cameroun devient ce qu’il est aujourd’hui.

Comme je vous l’avais expliqué au début de mon séjour ici, ce double protectorat Français-Anglais explique les deux langues officielles. Souvenez-vous de l’article sur le français-camerounais, il existe également l’anglais-camerounais, mais je ne pourrais pas vous en dire plus.

Revenons maintenant au 20 mai 2012 (vous aurez remarqué, que cette année nous fêtions les 40 ans de la réunification du Cameroun) :

Comme pour chaque fête, elle se prépare, ainsi la semaine précédent le jour J (un dimanche cette année) nous avons entendu les élèves du primaire et secondaire répéter le défilé, car quel serait un jour de fête nationale camerounais sans un défilé (d’ailleurs je trouve ça très marrant). Le vendredi 19, des groupes d’élèves se sont répartis dans la ville pour la rendre belle, ainsi à l’hôpital les élèves du collège Baba Simon sont venus ratisser le sol et enlever les bouts de plastiques.
Ce même vendredi, je me suis vu remettre deux invitations officielles émanant du sous-préfet, j’étais conviée à la tribune pour assister au défilé et à la soirée de gala données par M. le sous-préfet dans sa résidence, tenue correcte exigée ! Et oui maintenant je suis quelqu’un d’important…

J’oubliais de vous préciser que le 20 mai est également le jour de la remise des médailles du travail.
-          L’argent pour 10 ans de service
-          Le vermeille pour 15 ans de service
-          L’or pour 25 ans de service.
Cette année 13 membres de l’hôpital recevaient une médaille, dont un à la maternité pour 10 ans de service.


        Ainsi le dimanche matin à 7h45 me voilà partie direction la place des fêtes (qui est aussi la place du marché du mardi), car l’invitation était pour 8h et que le sous-préfet est TRES ponctuel. Je ne voulais donc pas être en retard, c’était sans compter que les services de la sous-préfecture avait invité les gens 1h avant l’heure donnée au sous-préfet pour que justement personne ne soit en retard.
J’ai donc attendu une heure à la tribune, heureusement pour moi, j’étais assise et protégée du soleil. La classe d’élève qui a chanté l’hymne nationale, a attendu 30 minutes sous un soleil ardent.
A la tribune les membres de la sous-préfecture nous plaçaient selon notre importance, ainsi nous avions les rangs des chefs de canton, de village : les lamidats comme on dit ici, le rang des responsables politique et celui des élites. Pour ma part j’étais au rang des élites.

Comme prévu le sous-préfet est arrivé à 9h pétante, il avait comme à chaque défilé la place d’honneur au premier rang entre son adjointe et le maire de Tokombéré (qui recevait ce jour là un médaille du mérite). Mais je vais trop vite en besogne et oubli de vous raconter l’arrivé du sous-préfet. Il est venu dans son 4x4 de chez lui, conduit par son chauffeur, seul dans la voiture (au retour une de ses femmes l’accompagnait), il était habillé en tenu de cérémonie (uniforme militaire). A son arrivé son adjointe et le commandant de brigade sont venus l’accueillir et avant de venir d’assoir, ils sont restés debout pour écouter l’hymne national :

« Ô Cameroun berceau de nos ancêtres,
Va debout et jaloux de ta liberté.
Comme un soleil ton drapeau fier doit être
Un symbole ardent de foi et d'unité.
Que tous tes enfants du nord au sud,
de l'est à l'ouest soient tout amour,
Te servir que ce soit leur seul but,
Pour remplir leurs devoirs toujours.

Refrain :
Chère patrie, terre chérie,
Tu es notre seul et vrai bonheur,
notre joie et notre vie, »

 


Après l’hymne se fut les remises de médailles (photos ci-après).

               Puis le défilé, pour cette fois je voulais être dans la tribune pour vraiment bien voir le défilé, je me suis dit que j’allais le filmer en entier, bien m’en ai pris 52 établissements scolaires ont défilé, de la maternelle jusqu’à collège et lycée. Vous pouvez imaginer que mon option caméra sur mon appareil photos n’a pas été suffisante (seulement 28 minutes), j’ai tout de même pris de belles vidéo et pleins de photos (ci-après).
Après les élèves, les adultes ont défilé : les partis politiques : le RDPC (le parti au pouvoir) et l’UNDP (de l’opposition) ; les GIC (Groupement d’Intérêt Commun) un peu comme des associations mais à but lucratif, le groupe des femmes de l’hôpital, les groupes de femmes en général…
Le tout a finit vers 12h, après cela nous sommes allés boire un jus au kirdi avec deux amis et là nous avons retrouvé le groupe des femmes de l’hôpital (entre autre car les jours de fête les bars sont pleins). Ce fut la première étape d’une longue après-midi de jus, poulet et autres victuailles. Car je vous rappelle 13 membres de l’hôpital avaient reçu une médaille ce matin là, chacun organisait une fête pour l’occasion. Pour ma part je me suis rendue à trois réceptions, dont celle de Tedefin, qui recevait la médaille d’or.

           La journée s’est finit chez M. Le sous-préfet pour la soirée de Gala. Rien à voir avec ce que nous pouvons imaginer en France. Ici de nombreuses chaises avaient été sorties pour l’occasion. Les personnalités importantes étaient reçues dans le salon de la maison, les gens de moyenne importance (moi entre autre) étaient reçus à la véranda et les autres devant la maison. Chaque a eut droit un bon repas, servis sous forme de buffet, préparé par les femmes des personnalités  (sous-préfet, maire, médecin…).

Ce soir là, j’ai bien dormi, le ventre bien rond. J’étais très contente d’avoir le lendemain pour me reposer et encore une fois le lendemain du jour férié était férié. Il s’avère essentiel quand on voit l’activité qu’engendre un jour férié au Cameroun.


les médaillés du jour

défilé des élèves de maternel


les élèves du collège Baba Simon

Le 1er mai


Comme promis, voici le récit du 1er mai.
Le premier mai, cette année tombait un mardi. Ici au Cameroun, quand un jour férié tombe un dimanche ou un mardi, le lundi est automatiquement férié (une grande qualité du Cameroun !).
Ce que je ne savais pas c’est le 1er mai est la journée internationale du travail. Comme souvent ici, les fêtes nationales ou internationales sont synonymes de défilé ! Et tout bon défilé se prépare. Pour se faire l’hôpital a édité des T-shirt à son nom et le groupe des femmes de l’hôpital (dont je fais parti), a acheté un pagne commun pour nous toutes (cf les photos ci-dessous).
Ainsi, le matin du 1er mai à 8h pétante (très à l’heure oui, j’ai même failli être en retard !), nous sommes tous montés dans les mini-bus direction MORA (chef-lieu du mayo-sava, notre département) pour le défilé. Sous un soleil de plomb toute l’équipe de l’hôpital (quasiment), vêtue d’un beau T-shirt jaune est en route.

A MORA à la place de fête, le protocole habituel est de mise, la tribune est pleine de chaises et tous le monde se lève pour l’arrivé du délégué du travail et du préfet du Mayo-sava.
Puis toutes les entreprises qui défilent (seules les entreprises privées défilent), se placent devant la tribune pour chanter l’hymne national. D’ailleurs bel hymne !
Après nous allons nous placer au bout de la piste pour préparer le défilé. Là c’était un peu le cafouillage, nous ne savions pas qui devait passer quand, nous nous sommes placés sous une chaleur ardente et les autres nous dépassaient parce que c’était à eux. Pour finir nous avons défilé à la fin et avons obtenu le troisième prix et oui c’était bel et bien un concours.

A la suite du défilé, nous sommes remontés dans les bus pour allons manger et faire la fête dans un ancien bar de Mora. Au menu, viande (mouton je crois) et beignets préparés le matin même par Tedéfin (une traductrice du dispensaire) les meilleurs beignets de la région. Après avoir bien mangé et bien bu nous avons tous dansé. C’était vraiment une bonne journée.

Prochain rendez-vous le 20 mai pour la fête nationale.











mercredi 2 mai 2012

De la vie quotidienne



Cela fait bien longtemps que je ne vous ai donné des nouvelles de la maternité. Elle va très bien, merci pour elle ; Nous avons emménagé dans les nouveaux locaux depuis mi-janvier (des photos en fin d’articles), nous avons beaucoup d’espace et de nouveaux matériels. Tout récemment un monitoring nous est arrivé de France, l’apprentissage est encore long pour l’équipe de la maternité, j’ai l’espoir que son utilisation va devenir systématique. En ce qui me concerne ça m’aide beaucoup pour connaitre le bien-être fœtal. Ce monitoring va probablement augmenter notre taux de césarienne, ce qui ne m’inquiète pas puisqu’il est très bas. Cependant, comme toujours je ne peux pas appliquer exactement les critères français, car je pense que certaines seraient de l’abus. N’oublions pas que la question de l’argent reste doit toujours être prise en considération dans notre pratique quotidienne !

Depuis le début de l’année, nous avons eut à enregistrer deux décès maternels. L’un post-césarienne (probable hémorragie interne) et le second une femme que Odile avait reçu lors d’une consultation PTME, elle lui avait dépisté une anémie. C’était un samedi, la femme n’avait pas d’argent sur elle, elle est donc revenue le lundi suivant pour être hospitalisée en vu d’une transfusion (enfin plutôt de deux). A son arrivée nous avons fait un dosage de son hémoglobine celle-ci était à 3,4g/dl (la normale est au-dessus de 10,5g/dl pour les femmes enceinte et 12g/dl pour les femmes non enceinte). Comme à chaque fois je suis bleffée par la résistance de la population ici, cette femme avec son anémie sévère, nous parlait, nous souriait, marchait normalement et faisait même des plaisanteries. Seulement elle décompensait aussi de son anémie et lors de la transfusion, l’œdème aigu du poumon qui avait déjà débuté s’est aggravé et alors que je faisais ma sieste journalière, Eweke est venue frapper à ma porte  « Adèle, la femme elle est partie ». Prenant mes jambes à mon cou, je me précipite à la maternité, débute le massage cardiaque, le médecin arrive à la maternité sur ces entre-faits, prend le relais du massage et me demande de faire de l’adrénaline, mais c’était trop tard ! Comme m’avait dit Eweke elle était déjà partie.
Là encore je me suis poser la question de l’argent, mais comment demander de l’argent à un mari en larme, une mère et une belle-mère qui crient en pleurant, je n’ai pas eut le courage, ni la force.

Les décès maternels nous touchent toujours beaucoup et l’ensemble de l’hôpital aussi, il y a souvent des décés en pédiatrie ou en médecine adulte, mais rarement en maternité et quand ça arrive c’est une anomalie.
Par contre des décès anté-nataux ou post-nataux immédiat, ils sont fréquent, environ 1 par semaine et nous touchent moins que les adultes. Ils touchent la famille, les parents, nous aussi également, seulement moins  ceux des mères.

A part ces évènements tristes, nous avons chaque jour de belles naissances, avec de beaux bébés et des mères qui vont bien. Comme partout ce sont souvent les évènements tragiques qui nous marquent.
Une réussite aussi, une réussite d’équipe !
Un matin j’arrive à la maternité pour prendre mon service comme chaque matin, une femme avait été reçue vers 6h30, je regarde son dossier comme je fais souvent en arrivant, je vais voir la patiente et je la trouve très pâles. Je l’examine, elle était dilatée à 2 doigts (soit pas grand-chose surtout pour une femme qui avait déjà accouchée sept fois). Après mon toucher, elle se met à saigner et à perdre les eaux. Nous la perfusons, nous contrôlons son hémoglobine : 3g/dl, décidément c’est la période me dis-je.

Il faut biensûr faire une césarienne, mais elle commence à être en état de choc hypovolémique et nous avons des difficultés à trouver des donneurs de sang. Le médecin se décide à faire la césarienne, au fur et à mesure que le temps de passe de plus en plus de personnes de la famille de la patiente arrivent et je passe mon temps entre le bloc et le laboratoire d’un récupérer d’un côté l’enfant, qui était décédé d’un hématome rétro-placentaire (décollement du placenta, alors que l’enfant n’est pas né) et de l’autre accompagner la famille se faire grouper pour donner le sang en même temps que les chirurgiens opéraient. Au cours de l’opération, elle a chuté sa tension à 7/0 (la normale est 12/7 environ). Nous avons eut peur et la famille aussi, mais aujourd’hui elle va beaucoup mieux après trois poches de sang transfusée.
Nous sommes très contents de notre prise en charge et du bon rétablissement de cette femme.

Dans mon quotidien personnel, a vie est beaucoup régis par l’hôpital. Mes temps de repos sont le midi entre 13h et 15h30, temps pendant lequel je déjeune et je dors, car en ce temps de grande chaleur, mon corps a besoin de récupérer de l’énergie qu’elle dépense à essayer de se refroidir et de ne pas se dessécher. Puis je finis à 17h30, temps pendant lequel je me repose, je prépare à manger, ce qui peu facilement prendre une heure, car rien n’est à réchauffer ici, tout est frais.
Et à 21h je rejoins Morphée après ma deuxième ou troisième douche de la journée. Certains soirs cependant je profite du bon temps avec des amis pour « aller prendre un jus », où manger du poisson chez « la mère » personnage très marrant, ceux qui viendront me rendre visite auront le plaisir de la rencontrer.
Le week-end, qui dure un jour et demie, j’aime souvent ne rien faire ! Mais j’essaie quand même d’en profiter pour me balader en brousse avec des amis, comme Bigé, il y a 15 jours (photos à la fin), petit village Mboko très jolie. Ou alors je vais me faire tresser ou récupérer des habits chez la couturière.
Des activités du quotidien.
Pour les grands week-ends fériés, je quitte Tokombéré pour quelques site touristique de la région, comme à Pâque « les gorges de Kolas » (photos ci-après), ce qui est une bouffée d’air frais (enfin en réalité une bouffée d’air chaud !), d’être un peu loin de la maternité et des appels possibles à tous moments.

Au niveau nourriture, les tomates se font de plus en plus rares et nous ne trouvons plus de patates douces. Les repas se composent de riz, de spaghettis, d’ignames, accompagné d’une sauce à bases d’oignons, de tomates fraiches ou en sachet et de tout ce qui peut agrémenter, sans oublier le poisson et la viande.
Nous en pleine période des mangues, nous en mangeons à chaque repas et je me suis même lancée dans la compote, que je congèle pour plus tard. Elles sont très bonne (rien à voir avec celles que l’on trouve en France), elles sont un mélange de sucré et d’acide. Ici les gens mangent même la peau, mais ça je ne m’y suis pas encore mise.
Pour finir nous avons eu un gros orage. lundi dernier, avec une grande averses, ce qui nous à fait beaucoup de bien, mais la chaleur reste toujours, ainsi que la sécheresse. Pour l’instant je crois que l’eau ne manque pas.



Nouvelle maternité:





 



Gorges de Kolas:


  

  

 

dimanche 22 avril 2012

Pâques


Dans cette région où la religion (quelquelle soit) est partout, vous pouvez vous imaginer que Pâques est un évènement, chez les chrétiens biensûr !

Ainsi le 6 avril dernier a commencé le premier des trois week-end fériés de la saison chaude.
 
Pour ceux qui font attention, vous aurez repéré que le 6 avril est un vendredi. En effet au Cameroun le vendredi saint est férié, mais pas le lundi de pâques.


J’ai bien suggéré que le lundi de pâques soit férié pour les ressortissants français, mais bizarrement l’idée n’a pas été retenue ?!

Avant ce grand week-end, il y a eut la messe des rameaux le mercredi précédent.

Qu’a-t-on fait à pâques me demanderez-vous ?
  
        Nous avons grimpé la colline Baba Simon (photo à la fin) le vendredi saint au matin).
A Tokombéré, il est de tradition de faire un grand chemin de croix, de la mission jusqu’au sommet de la colline Baba Simon. Ainsi ce petit pèlerinage était entre coupé d’arrêts, avec à chacun une lecture d’un texte, de la Bible ou pas, sur un thème bien précis : les femmes et leur travail pour faire vivre leur famille, les enfants, l’éducation, le couple et la famille en générale.
Pour l’occasion une grande croix avait été construite, portée à tour de rôle par trois fidèles jusqu’au sommet de la colline.
Ce fût un très beau moment, sous le soleil sahélien.

Le reste du week-end fut ponctué de divers activités (j’avoue je ne me suis pas rendue à toutes). Le vendredi après-midi ils reproduisent en sketch la crucifixion du christ, ainsi ils attachent sur une croix un enfant et avec lui refont un chemin de croix.

Le dimanche, il y a LA grande de messe pâques avec des milliers de personnes qui descendent des montagnes alentour pour l’occasion.  C’est lors de cette messe que se font les baptêmes. Ici on ne baptise pas les petits enfants, ils reçoivent seulement une bénédiction, ce sont les adultes et les adolescents qui ont suivis trois ans de catéchèse, qui sont baptisés. L’argument est que cela laisse le libre choix à l’enfant de devenir chrétien ou pas.
Ainsi lors de cette messe j’ai pu assister aux baptêmes, ainsi qu’à une bénédiction de mariage, d’un couple qui venait de se faire baptiser.

Le reste de la journée, enfin je veux dire de l’après-midi, puisque la messe a fini à 12h30, je me suis rendue à une fête de la communauté Mada et à une fête donnée en l’honneur du baptême d’un des infirmiers de l’hôpital.

Ce fut une journée comme je les aime ici, partagée avec les gens !



La croix en bois fabriquée pour pâques

Chemin de croix jusqu'à la colline Baba Simon

Première pause




On gravi la Colline

Au somment une bénédiction et un chant

Les trois prêtres de Tokombéré

La descente vers 11h



jeudi 12 avril 2012

Le 8 mars ou la journée internationale de la femme

Chez nous peu de grands évènements pour cette journée, quelques présentateurs d’émission qui laissent leur place à leurs collègues féminines et les même sujets sur l’inégalité des salaires qui ressortent toujours à cette période.

Ici bien entendu rien à voir. La journée de la femme est une fête. Tout débute dans les semaines précédent le 8 mars, avec la recherche du pagne de la journée de la femme. Cette année deux coloris : le rose et le bleu-vert. Les femmes cherchent à se le faire offrir, qui par leur mari, qui par leur fils. Et il ne faut pas l’acheter trop tard car plus on approche de la date fatidique plus le prix augmente. Pour ma part, pas de mari, pas de fils donc c’est en femme indépendante que j’ai acheté moi-même mon pagne… rose biensûr.
Puis il y a le choix du modèle que l’on va faire coudre et le passage chez la couturière, de même il faut s’y prendre à temps, sinon la couturière est débordée par toutes les demandes. La nuit du 7 au 8, les couturières travaillent d’arrache pied pour finir les dernières commandes.
Voici mon modèle, que j’ai récupéré le mardi précédent, c'est-à-dire largement en avance.
Au-delà du pagne, la journée de la femme ne dure pas en réalité une seule journée, la semaine précédent le comité d’organisation de la journée internationale de la femme organise de nombreux évènements : conférences : cette année une sur le VIH-Sida et une sur l’autonomisation de la femme rurale (qui est le thème proposé par l’OMS), il y a eut une sortie à Maroua pour apprendre aux femmes de Tokombéré différentes pratiques de transformation des denrées , s’ajoute à cela un tournoi de football féminin et probablement d’autres rassemblements dont je n’ai pas été au courant.
Le jour même :
Les femmes de l’hôpital sont organisées en groupe de femmes, comme il en existe beaucoup dans le pays. Un groupe qui se réunit tout les deuxièmes samedi de chaque mois. A l’occasion du 8 mars, elles m’ont proposée de m’intégrer à leur groupe, ce qui m’a fait très plaisir, ainsi j’ai passé la journée avec elles.
Au petit matin (vers 8h) nous nous sommes retrouvées à la mission pour offrir aux pères deux poulets et des œufs, ainsi ils ont pu bénir notre journée. J’ai oublié de préciser, qu’il nous a été accordé une permission d’absence pour toutes les femmes de l’hôpital, un hôpital exclusivement masculin !
Vers 9h, nous voici arrivées à la place des fêtes de Tokombéré (devant le marché), où toutes les femmes se rassemblaient en vu du défilé. Ici les défilés sont très fréquents, je vous je vous en reparlerais probablement au cours du mois de mai. Dans l’arrondissement de Tokombéré, l’autorité suprême est le sous-préfet, ainsi tout commence et tout finit avec lui. Le rendez-vous était donc à 9h et l’invitation du sous-préfet à 10h, car c’est un homme très très ponctuel.
A 10h donc, soit après une heure dans la chaleur débutante, le sous-préfet est arrivé et l’hymne national a été entonné pour un groupe de femmes. Le sous-préfet a pris place dans la tribune et la présidente du comité d’organisation de la journée de la femme a fait son discours, puis le sous-préfet le sien.

Après cela se fut le défilé, chaque groupe de femme passaient les uns après les autres devant la tribune, bien en rang. Voici quelques photos :

A la suite le groupe des femmes de l’hôpital avait organisé un déjeuner au Kirdi (l’un des bars de la ville), elles y avaient convié les membres de l’administration de l’hôpital et les médecins. Au menu poulet, pain et jus, un moment très convivial, que j’ai été contente de partager avec ces femmes. A
A 15h nous nous sommes rendus à la finale du tournoi de foot féminin et c’est l’équipe de Tokombéré qui a gagné, sous une chaleur caniculaire. Je les admirais en les voyant courir sous ce soleil ardant, alors que mon seul désir était de me plonger dans une piscine.

Pour finir cette belle journée, nous nous sommes réunis à la maison de la femme de Tokombéré, pour un diner sympathique, si fond musical.

La journée de la femme voici un évènement marquant à ne pas manquer quand on reste un an en Afrique.












lundi 12 mars 2012

Photos du voyage dans le sud

Bus Touristique

Les taxis jaunes de Ngaoundéré, proche de ceux de Yaoundé


Cocotier dans le Sud

Route dans le Sud






Pour rappel des images du nord