dimanche 22 avril 2012

Pâques


Dans cette région où la religion (quelquelle soit) est partout, vous pouvez vous imaginer que Pâques est un évènement, chez les chrétiens biensûr !

Ainsi le 6 avril dernier a commencé le premier des trois week-end fériés de la saison chaude.
 
Pour ceux qui font attention, vous aurez repéré que le 6 avril est un vendredi. En effet au Cameroun le vendredi saint est férié, mais pas le lundi de pâques.


J’ai bien suggéré que le lundi de pâques soit férié pour les ressortissants français, mais bizarrement l’idée n’a pas été retenue ?!

Avant ce grand week-end, il y a eut la messe des rameaux le mercredi précédent.

Qu’a-t-on fait à pâques me demanderez-vous ?
  
        Nous avons grimpé la colline Baba Simon (photo à la fin) le vendredi saint au matin).
A Tokombéré, il est de tradition de faire un grand chemin de croix, de la mission jusqu’au sommet de la colline Baba Simon. Ainsi ce petit pèlerinage était entre coupé d’arrêts, avec à chacun une lecture d’un texte, de la Bible ou pas, sur un thème bien précis : les femmes et leur travail pour faire vivre leur famille, les enfants, l’éducation, le couple et la famille en générale.
Pour l’occasion une grande croix avait été construite, portée à tour de rôle par trois fidèles jusqu’au sommet de la colline.
Ce fût un très beau moment, sous le soleil sahélien.

Le reste du week-end fut ponctué de divers activités (j’avoue je ne me suis pas rendue à toutes). Le vendredi après-midi ils reproduisent en sketch la crucifixion du christ, ainsi ils attachent sur une croix un enfant et avec lui refont un chemin de croix.

Le dimanche, il y a LA grande de messe pâques avec des milliers de personnes qui descendent des montagnes alentour pour l’occasion.  C’est lors de cette messe que se font les baptêmes. Ici on ne baptise pas les petits enfants, ils reçoivent seulement une bénédiction, ce sont les adultes et les adolescents qui ont suivis trois ans de catéchèse, qui sont baptisés. L’argument est que cela laisse le libre choix à l’enfant de devenir chrétien ou pas.
Ainsi lors de cette messe j’ai pu assister aux baptêmes, ainsi qu’à une bénédiction de mariage, d’un couple qui venait de se faire baptiser.

Le reste de la journée, enfin je veux dire de l’après-midi, puisque la messe a fini à 12h30, je me suis rendue à une fête de la communauté Mada et à une fête donnée en l’honneur du baptême d’un des infirmiers de l’hôpital.

Ce fut une journée comme je les aime ici, partagée avec les gens !



La croix en bois fabriquée pour pâques

Chemin de croix jusqu'à la colline Baba Simon

Première pause




On gravi la Colline

Au somment une bénédiction et un chant

Les trois prêtres de Tokombéré

La descente vers 11h



jeudi 12 avril 2012

Le 8 mars ou la journée internationale de la femme

Chez nous peu de grands évènements pour cette journée, quelques présentateurs d’émission qui laissent leur place à leurs collègues féminines et les même sujets sur l’inégalité des salaires qui ressortent toujours à cette période.

Ici bien entendu rien à voir. La journée de la femme est une fête. Tout débute dans les semaines précédent le 8 mars, avec la recherche du pagne de la journée de la femme. Cette année deux coloris : le rose et le bleu-vert. Les femmes cherchent à se le faire offrir, qui par leur mari, qui par leur fils. Et il ne faut pas l’acheter trop tard car plus on approche de la date fatidique plus le prix augmente. Pour ma part, pas de mari, pas de fils donc c’est en femme indépendante que j’ai acheté moi-même mon pagne… rose biensûr.
Puis il y a le choix du modèle que l’on va faire coudre et le passage chez la couturière, de même il faut s’y prendre à temps, sinon la couturière est débordée par toutes les demandes. La nuit du 7 au 8, les couturières travaillent d’arrache pied pour finir les dernières commandes.
Voici mon modèle, que j’ai récupéré le mardi précédent, c'est-à-dire largement en avance.
Au-delà du pagne, la journée de la femme ne dure pas en réalité une seule journée, la semaine précédent le comité d’organisation de la journée internationale de la femme organise de nombreux évènements : conférences : cette année une sur le VIH-Sida et une sur l’autonomisation de la femme rurale (qui est le thème proposé par l’OMS), il y a eut une sortie à Maroua pour apprendre aux femmes de Tokombéré différentes pratiques de transformation des denrées , s’ajoute à cela un tournoi de football féminin et probablement d’autres rassemblements dont je n’ai pas été au courant.
Le jour même :
Les femmes de l’hôpital sont organisées en groupe de femmes, comme il en existe beaucoup dans le pays. Un groupe qui se réunit tout les deuxièmes samedi de chaque mois. A l’occasion du 8 mars, elles m’ont proposée de m’intégrer à leur groupe, ce qui m’a fait très plaisir, ainsi j’ai passé la journée avec elles.
Au petit matin (vers 8h) nous nous sommes retrouvées à la mission pour offrir aux pères deux poulets et des œufs, ainsi ils ont pu bénir notre journée. J’ai oublié de préciser, qu’il nous a été accordé une permission d’absence pour toutes les femmes de l’hôpital, un hôpital exclusivement masculin !
Vers 9h, nous voici arrivées à la place des fêtes de Tokombéré (devant le marché), où toutes les femmes se rassemblaient en vu du défilé. Ici les défilés sont très fréquents, je vous je vous en reparlerais probablement au cours du mois de mai. Dans l’arrondissement de Tokombéré, l’autorité suprême est le sous-préfet, ainsi tout commence et tout finit avec lui. Le rendez-vous était donc à 9h et l’invitation du sous-préfet à 10h, car c’est un homme très très ponctuel.
A 10h donc, soit après une heure dans la chaleur débutante, le sous-préfet est arrivé et l’hymne national a été entonné pour un groupe de femmes. Le sous-préfet a pris place dans la tribune et la présidente du comité d’organisation de la journée de la femme a fait son discours, puis le sous-préfet le sien.

Après cela se fut le défilé, chaque groupe de femme passaient les uns après les autres devant la tribune, bien en rang. Voici quelques photos :

A la suite le groupe des femmes de l’hôpital avait organisé un déjeuner au Kirdi (l’un des bars de la ville), elles y avaient convié les membres de l’administration de l’hôpital et les médecins. Au menu poulet, pain et jus, un moment très convivial, que j’ai été contente de partager avec ces femmes. A
A 15h nous nous sommes rendus à la finale du tournoi de foot féminin et c’est l’équipe de Tokombéré qui a gagné, sous une chaleur caniculaire. Je les admirais en les voyant courir sous ce soleil ardant, alors que mon seul désir était de me plonger dans une piscine.

Pour finir cette belle journée, nous nous sommes réunis à la maison de la femme de Tokombéré, pour un diner sympathique, si fond musical.

La journée de la femme voici un évènement marquant à ne pas manquer quand on reste un an en Afrique.












lundi 12 mars 2012

Photos du voyage dans le sud

Bus Touristique

Les taxis jaunes de Ngaoundéré, proche de ceux de Yaoundé


Cocotier dans le Sud

Route dans le Sud






Pour rappel des images du nord

dimanche 11 mars 2012

Mon voyage dans le sud.


Voici bien des jours que je n’ai pas écrit dans ce blog. La raison est que j’ai été beaucoup occupé.

Comme l’annonce le titre de cet article j’ai passé une semaine dans le sud du pays, puis en revenant dans le nord, ma famille est venue me rendre de visite et comme le temps passe vite, nous voici déjà mi-mars quasiment.

Cet article est donc consacré à mon expédition dans le sud. Pour nous blancs et européen, habitué à nos réseaux de transports, je vous assure que voyager dans le pays est une réelle expédition.

La première partie de mon voyage a consisté à rejoindre Yaoundé (la capitale), voyage qui prend deux jours. Yaoundé est dans la région centre du pays (cf la carte à la fin). Pour rejoindre Yaoundé à partir de Tokombéré, il faut commencer par rejoindre Maroua, jusque là rien de difficile. Une fois à Maroua c’est là que l’aventure commence pour nous les blancs, tout en ayant conscience que pour les gens ici c’est la routine. A Maroua donc il faut prendre un car des compagnies de transport (compagnies privées), pour ma part se fut « Touristique », qui comme son nom ne l’indique pas, consacre son activité au transport de voyageurs entre les villes du Cameroun, surtout du nord si je ne trompe pas.
On prend donc un car et c’est partie pour rejoindre Ngaoundéré, ville chef-lieu de l’Adamaoua (cf carte), où se trouve la gare. A ce qui me concerne, je voyageais avec un ami, dont la famille réside à Garoua : chef-lieu de la région du nord à mi distance entre Maroua et Ngaoundéré ; nous avons donc fait une pause dans notre chemin pour Ngaoundéré. Ainsi les 8h de car prévus entre Maroua et Garoua se sont transformées en deux fois 3h45. Ce qui était fort appréciable, car 3h45 assis sur des sièges en sky dans une chaleur caniculaire, pour le française que je suis s’était un peu pénible, mais c’est ça aussi l’adaptation !

Pourquoi rejoindre spécialement Ngaoundéré me direz-vous ? Car c’est dans cette ville, que nous prenons le train de nuit pour arriver au petit matin à Yaoundé. Je n’ai pas fait de photos, car il y beaucoup de monde et donc beaucoup de risque de vol.
Le train c’est une autre aventure, l’ami avec qui je voyageais voulait me faire découvrir le vrai Cameroun, nous avons donc voyagé en seconde classe. Avant de vous raconter le voyage en train, il faut que je vous explique l’organisation des transports ferroviaires.

La voie Ngaoundéré-Yaoundé est desservie par deux trains de nuit. L’un part à 18h de Ngaoundéré et le second à la même heure de Yaoundé. Il y a seulement une voie sur cette ligne, donc vers 1h du matin le train s’arrête à Belabo, une ville au milieu du trajet, où la gare compte deux voies. A Belabo le premier des deux trains attend le second, quand j’ai voyagé, mon train était le premier, nous avons donc attendu celui de Yaoundé. C’est à cet endroit que se fait le croisement des deux trains. Chacun arrive à sa destination vers 8h du matin. Ainsi le trajet fait en tout 14h. En plus de Belabo, le train s’arrête dans une quinzaine de gares tout au long du trajet, ce qui explique également le temps de transport.
 Le train est organisé en trois classes : les wagons couchettes à 27 000 CFA, la première classe à 17 000 CFA et la seconde à 10 000 CFA. Quelque soit la classe, chacun à un siège qui lui est attribué.
Voici le récit de mon voyage dans le train. La seconde classe, qui est la seule que j’ai vue, m’a fait penser aux anciens trains de banlieue, que je prenais petite avec ma grand-mère de Rambouillet, quand nous nous rendions à Paris. Les sièges sont en sky, couleurs marron-orange, mais ils sont en bon état, pas de trou, pas dévissé du sol. Ils sont placés par quatre (deux fois deux en vis-à-vis). Ainsi pour trajet de nuit où on espère dormir ce n’est pas du plus confortable. Il y a une allée centrale avec des sièges de part et d’autre. Des porteurs à la gare vous aident à ranger vos bagages dans les emplacements au-dessus de vos sièges, en échange d’un billet de 1000 CFA.
Jusque là rien de trop dépaysant, sauf peut-être le manque de confort, mais pour moi ce n’est qu’un détail. C’est ce que je vais vous raconter maintenant qui fait toute la différence. Dans le train en plus des voyageurs, beaucoup de personnes circulent. En premier lieu, les vendeurs ambulants, qui vous vendent tout et n’importe quoi : cela va des mots croisée, aux médicaments pour soigner l’impuissance, en passant par le porte carte, le code de la route, le code pénal, sans oublier les boissons et autres friandises. Et cela quasiment toute la nuit, au petit matin ils sortent de leurs poches le dentifrice qui vous rendra les dents plus blanches et soignera vos gingivites.
Régulièrement dans la nuit (pour moi se fut environ trois fois), le contrôleur vérifie les billets. En plus du contrôleur qui n’est pas très surprenant pour nous, la police fait des contrôles d’identité, les agents des eaux et forêts vérifient les sacs à la recherche de viande de brousse, issu du braconnage.
Au début du voyage, l’ami avec qui j’étais, a acheté un gros sac à provision à un vendeur ambulant. Sans rien lui dire, j’ai pensé très fortement que cette démarche était inutile puisque nous pourrions très certainement trouver ce genre de sac à Yaoundé. Ce n’est que lors de notre premier arrêt que j’ai compris. A chaque gare dans laquelle nous nous arrêtions, des dizaines de vendeurs, spécialement des mamas, venaient vendre leurs produits à travers les fenêtres du train. Ainsi nous pouvions entendre  crier : manioc, bananes, ananas, pistache. C’est en particulier à Belabo, que les sacs à provisions se sont remplis : des bananes et des ananas à foison.

Avec tout ça vous pouvez imaginer que mon voyage ne fut pas très reposant, mais tellement en contact avec la vie des camerounais, que j’en suis très heureuse. 

Nous sommes arrivés bien à l’heure à Yaoundé, où un petit crachin nous a accueilli et ma pensé fut « à oui c’est vrai qu’il y a des endroits dans le monde où il pleut », n’ayant pas vu une goutte de pluie depuis le 15 octobre dernier (ni un nuage d’ailleurs). En conséquence je n’avais que tongs et vêtements d’été, mais heureusement pour moi il n’a pas beaucoup plus. Je n’ai pas pris non plus de photos de Yaoundé, car c’est une ville où je me suis peu sentie en sécurité. C’est une grande ville africaine, comme on les imagine, ou comme on nous les montre dans les reportages sur l’Afrique. Les grands axes sont faits en goudron, mais on voit dans les quartiers des rues en terre battue, il y a beaucoup de circulation et des essaims de taxis jaunes, qui sont les transports en commun. En effet quand tu prends un taxi à Yaoundé, le taxi n’est pas pour toi seul, tu le partages avec divers personnes, la course est en générale de 100 CFA, tu décides du prix avant avec le chauffeur, il n’y a pas de compteur kilométrique comme chez nous.
C’est une ville avec beaucoup de mouvements et de bruits. A vrai dire je suis contente d’être dans un village et nous dans la capitale. Je n’ai pas trop apprécié Yaoundé, c’est une ville où je ne serais pas rassurée de me balader seule.

Le but de mon voyage était un week-end à Samgmélima, ville de la province du sud (près d’Ebolowa) où une rencontre avec d’autres volontaires de la DCC était organisée. J’étais contente de quitter Yaoundé, pour rejoindre le calme de la campagne. Ce séjour dans le sud m’a permis de réaliser ce que mes amis me disaient, à savoir que le Cameroun n’est pas un pays, mais bien plusieurs sous un même nom. Je comprends mieux pourquoi on me disait que les gens du sud ont du mal à s’adapter au nord.
La région du sud est visiblement plus riche qu’au nord. Là-bas pas de risque de famine, il y a des quantités et des quantités de fruits : ananas, bananes, noix de coco… Pas de problème de sécheresse,  l’air est très humide et il pleut très souvent. Les gens aussi sont différents, ils sont moins noirs que dans le nord, peut-être parce qu’il y a plus de nuages. Ils sont plus gros et ont les très moins fins. Les habitations aussi sont différentes.


 
Voilà un pays à plusieurs facettes et selon mes amis les régions de l’Ouest et de l’Est sont encore différentes, elles feront l’objet des autres voyages.

ps: pour le moment la connexion ne me permet de vous mettre des photos, ce sera pour un prochain article spécial photos.


jeudi 2 février 2012

Les journées sanitaires 2012


Pour commencer cet article (qui va être fort, en raison de l'importance de l’événement et de sa durée), il faut que je vous explique une organisation sanitaire très singulière que le Père Aurenche a mis en place l'année de son arrivée à Tokombéré.

Cette organisation je la résumerais sous le terme de « Soins de santé primaire ».
Quand le Père est arrivé à Tokombéré, il s'est vite aperçu que les patients venaient à l'hôpital dans des états avancés de leur maladie et que certaines d'entre elles aurait pu être évitées ou prévenues grâce à des gestes simples possible au village. De plus, le Père Aurenche comprend que les premiers agents de la santé ne sont pas les infirmiers et les médecins, mais l'homme lui-même, le père, la mère de famille, l'enfant. Que le lieu pour garantir une bonne santé n'est pas l'hôpital ou le dispensaire, mais le village.

Ainsi l'hôpital privé de Tokombéré devient le « Centre de Promotion de la Santé » et au-delà d'un changement c'est un changement de pratique auquel les infirmiers de l'hôpital doivent s'habituer. En effet le Père met en place des sorties dans les villages dès la fin de sa première année à Tokombéré, les infirmiers deviennent des agents itinérants.

Cette organisation perdure toujours aujourd'hui, chaque Jeudi l'hôpital se met en off -les services fonctionnent toujours- un certain nombre d'infirmier prennent la casquette d'agent itinérant et enfourchent leur moto, direction le village. Chaque agent itinérant à un secteur (c'est-à-dire qu'il va dans plusieurs villages qui sont proche les uns des autres), pour les grands secteurs, il peut y avoir deux agents itinérants.

Vous demanderez, mais peuvent-ils bien faire au village ?
Actuellement, le travail consiste surtout à de l'accompagnement, de la mise à jour de connaissances et comme on a vu en décembre il y assure des campagnes de vaccination ou informe sur les campagnes du gouvernement (comme la distribution de moustiquaires).
Quand ce projet a débuté, le travail des agents itinérants a été d'aider les villageois à créer des comité de santé, qui sont composé de d'habitants du village volontaires et choisit par le village pour assurer la PMI, la CPN, les conseils nutrition et les démonstrations de bouillies enrichies.
Chaque comité de santé comporte un bureau avec un président, un secrétaire...
Les familles viennent y inscrire les enfants pour la PMI et les femmes enceintes viennent s'inscrire auprès des responsables villageois qui font office de matrones.

Les activités :

Je vais vous décrire la PMI et la CPN, mais certainement il en existe d'autres que je ne connais pas encore, car je n'ai pas beaucoup eu l'occasion de sortir avec les agents itinérants.

La PMI  ou Protection Maternelle et Infantiles : certains d'entre vous connaisse la version française de cette abréviation, bien entendu ici rien à voir avec la France. LA PMI consiste avant à la prévention de la malnutrition. Les enfants du village inscrit à la PMI, doivent être pesé chaque mois et leur poids est reporté sur leur carnet de santé, où se trouve une courbe de poids. Ainsi les responsable villageois de la santé (RSV) chargés d e la PMI, peuvent dépister les enfants qui ne prennent pas poids et selon l'état la gravité de la perte de poids, soit les enfants sont envoyés à l'hôpital dans le service de pédiatrie pour malnutrition ou les RVS apprennent aux mères à faire de bouillies enrichies. Les aliments qui composent les bouillies enrichies : mils, arachides, sésames... sont gardé dans le grenier de l'enfant, dans lequel chaque famille ayant un ou plusieurs enfants inscrit à la PMI dépose des tasses de mils, d'arachides...

La CPN ou Consultation Prénatal, je vous en ai déjà parlé lors de l'article sur la maternité. Chaque femme enceinte s'inscrit auprès de la matrone de son village, qui va la suivre sur elle rentre dans les critères de physiologie ( la femme a déjà accouchée une fois, sans aucun problème, elle n'a jamais eu de césarienne ou de ventouse, elle n'a pas eu de déchirure ou d'épisiotomie, elle n'a jamais été malade pendant ses précédentes grossesses). La matrone va alors la suivre chaque, en remplissant consciencieusement le tampon qu'elle sera venue faire mettre sur le carnet de la femme à la maternité. La matrone (qui peut également être un homme), assurera l'ensemble suivi de la femme enceinte et fera l'accouchement.

De plus des animations sont faites par les RVS sur différents thèmes : sensibilisation à la vaccination, sensibilisation aux moustiquaires, sensibilisation aux dépistages précoces de certaines maladies, ce qui a permet éradiquer certaines maladies comme le tétanos néonatal, la rougeole ou la lèpres.

Les RVS sont choisit par le village pour leur sérieux et leur engagement, ils sont bénévoles, pour les remercier de leur travail pour le village, les mères du village viennent les aider aux champs en saison des pluies ou lors des récoltes. Les matrones reçoivent un morceaux de savon de la part de chaque femme qu'elles accouchent.

Après vous avoir raconté tous cela, vous allez dire et le lieu avec les journées sanitaires ?

Et bien les journées sanitaires sont le rassemblement pendant deux jours de tout les responsables villageois, afin de décider ensemble des prochaines priorités et actions qui seront menées pendant les deux années à venir.
En effet les journées sanitaires ont lieu tous les deux ans en alternance avec les journées de promotion humaine où les sujets sont plus divers que la santé.

Cette année le thème principale des journées est
« La responsabilité de chacun pour la santé au village »

Pour préparer les journées sanitaires, le conseil de l'hôpital a commencé d'organiser dès le mois de décembre, avec le choix du thème principal et des sous-thèmes.

Les journées ont débuté le jeudi 12 l'après-midi, avec seulement les membres du personnel.
Une réflexion a été menée sur le thème :
« Responsabilité au niveau de l'hôpital, au sein de mon service, dans mes activités au quotidien. »

Le personnel de l'hôpital était réparti en groupe comme suit :
    • Les permanents de service : équivalent des cadres de nos hôpitaux, sauf que eux travaillent au quotidien auprès des malades et font les soins.
    • La groupe hygiène
    • Le groupe santé publique : suivi des soins de santé primaire et des comité de santé.
    • Le groupe du service administratif.

J'étais chargé d'animer le groupe des permanents avec un autre infirmier qui n'est pas venu. Pourquoi j'étais chargé d'un groupe et de celui-ci en général ? Je me le demande encore.

Puis les journées proprement dites, ont commencé le vendredi matin à 9h heure officielle, à 10h-10h30 dans la réalité.

Environ 650 personnes sont attendues, je ne saurais dire combien elles sont exactement, je vous laisserais apprécier sur les photos.
Ces journées ont été ouvertes par un discours de l'adjointe du sous-préfet, puis suivi d'un discours du médecin-chef : le Père Aurenche. Ensuite l'animation a été assurée par le responsable administratif : Jacques NJIRO et le surveillant général et dentiste : Jean-Pierre ADOUKARA.

Le premier sous-thème de ce vendredi fut « La responsabilité de la famille dans la santé ». La coordination de ce sous-thème a été assurée par Sylvie MBATSARA (responsable de la nutrition à l'hôpital) et moi-même (et oui encore une fois, allez savoir pourquoi...).
Nous avions lors des semaines précédentes travaillées avec des villageoises engagées, car la spécigicité cette année est le témoignage. En effet ce sont les villageois qui prennent la parole cette année.

Ce premier sous-thème était réparti en trois points, chacun traité par une femme ou un couple du village :
  • la nutrtion, par une femme Chiga, a qui MBATSARA avait demandé d'intervenir et qui avait préparé directement avec elle.
  • La responsabilité familiale, appelée chez nous le planning familial : pour ce témoignage, c'est DAMZA qui est chargée du planning familial à la maternité qui a trouvé la femme et nous avons travaillé toutes les quatre pour préparer cette intervention.
  • La responsabilité du couple dans la santé de la famille, c'est couple de GODOBA qui a témoigné.
Ces présentations se sont très bien déroulées et ont eu un très bon retour des responsables villageois.

Après les présentations, chaque secteur se réunit pour discuter des thèmes abordés lors des témoignages.

L'après-midi le deuxième sous-thème « la responsabilité au niveau du village » est coordonnée par Pascal LITINI, un infirmier du dispensaire responsable des agents itinérants. Pour illustrer ce thème Pascal a fait intervenir des responsables du comité de santé de Gavalyam et un responsable du comité de vie de Yamagoulé. Leur intervention sont très intéressantes, avec un historique de leur comité et une description de leur organisation. Comme précédemment ces deux présentations sont suivie de concertation entre les villageois.

Le dernier thème est abordé le samedi matin, à la suite de la lecture des synthèses des concertations de la veille.
Le dernier thème est «  La responsabilité des agents itinérants », c'est le Dr ADOUKARA, qui a lu un texte qu'il avait préparé entre autre à partir des synthèses de la veille.

Les journées sanitaires se sont terminées par des flash info sur le SIDA, sur grossesse et hépatite B et sur les nouvelles réformes de l'hôpital.

Pour clore ces journées les médecin-chef a fait discours, avant que tous se retrouvent pour un verre (ou plutôt un calebasse) de l'amitié de bil-bil biensûr ( bil-bil = bière de mil).

Ce fut de bonnes journées bien remplies surtout pour les organisateurs.

Pour le plaisir des yeux:









Le français camerounais

Un peu de linguistique,

Je vous ai déjà parlé du fulfuldé (dont un article va bientôt être édité ici), mais les deux langues officielles du Cameroun sont le français et l'anglais, comme vous le savez.

Comme dans tout pays francophone, le français ne ressemble pas à celui que nous connaissons habituellement chez nous, même si chez nous il diverge selon les régions ( est ce exactement le même français entre Lille et Marseille en passant pas Toulouse ou Paris ?).

Pour le Cameroun c'est la même chose et quand on arrive ici il faut également apprendre les expressions et savoir les interpréter. Au bout d'un certains temps, les traductions ne sont plus utiles et ces expressions deviennent les nôtres. Ainsi quand je skype avec certains d'entre vous, vous pourrez constater qu'elles font parties de mon langage.

Voici quelques exemples, pour ceux qui viendront me rendre visite, voilà un avant goût.

  • C'est comment ?: Comment vas-tu ? Ou ça va ?
  • L'année surpassée : il y a deux ans
  • Mon grand : mon grand frère
  • Sa petite : sa petite amie
  • C'est gâté : c'est cassé, pourri, hors d'usage
  • Je vais préparer : je vais faire la cuisine
  • Même moi : moi aussi
  • Je suis dépassé : je ne comprend pas
  • Tu connais conduire ?: Est-ce que tu sais conduire ?
  • Il est arrivé depuis... : il est arrivé depuis longtemps
  • En 1900 Wouaiiiii : il y a longtemps (expression surtout utilisée par une de mes amies)
  • ça me laisse à 37 : ça me fait ni chaud, ni froid
  • Il m'a frappé : le prix de cet article était cher (idée que ici tout se négocie)
  • Elle est grosse ou elle est devenue grosse : elle est enceinte/ elle est tombée enceinte
  • Elle est grasse : c'est une femme bien en chaire (ce n'est pas forcément péjoratif)

Répondre à une question par une autre question :
Adèle est ce que tu es allée rendre visite à untel ?
Réponse : Est-ce que j'ai même une moto pour y aller ?

Autres particularités : le oui qui veut dire non. Ils ont très difficiles à reconnaître quand on n'est pas habitué ou quand on s'attend à une réponse franche.
Moussa est-ce qu'on peut aller à Maroua ce week-end ? Oui, si Dieu nous prête vie jusque-là.

Je ne voudrais pas que le vous considériez cette façon de parler comme du mauvais parlé français, il s'agit juste de variation de la langue, comme on le retrouve dans nos différentes régions de France ou même dans d'autres pays francophone, comme le Québec.