dimanche 22 avril 2012

Pâques


Dans cette région où la religion (quelquelle soit) est partout, vous pouvez vous imaginer que Pâques est un évènement, chez les chrétiens biensûr !

Ainsi le 6 avril dernier a commencé le premier des trois week-end fériés de la saison chaude.
 
Pour ceux qui font attention, vous aurez repéré que le 6 avril est un vendredi. En effet au Cameroun le vendredi saint est férié, mais pas le lundi de pâques.


J’ai bien suggéré que le lundi de pâques soit férié pour les ressortissants français, mais bizarrement l’idée n’a pas été retenue ?!

Avant ce grand week-end, il y a eut la messe des rameaux le mercredi précédent.

Qu’a-t-on fait à pâques me demanderez-vous ?
  
        Nous avons grimpé la colline Baba Simon (photo à la fin) le vendredi saint au matin).
A Tokombéré, il est de tradition de faire un grand chemin de croix, de la mission jusqu’au sommet de la colline Baba Simon. Ainsi ce petit pèlerinage était entre coupé d’arrêts, avec à chacun une lecture d’un texte, de la Bible ou pas, sur un thème bien précis : les femmes et leur travail pour faire vivre leur famille, les enfants, l’éducation, le couple et la famille en générale.
Pour l’occasion une grande croix avait été construite, portée à tour de rôle par trois fidèles jusqu’au sommet de la colline.
Ce fût un très beau moment, sous le soleil sahélien.

Le reste du week-end fut ponctué de divers activités (j’avoue je ne me suis pas rendue à toutes). Le vendredi après-midi ils reproduisent en sketch la crucifixion du christ, ainsi ils attachent sur une croix un enfant et avec lui refont un chemin de croix.

Le dimanche, il y a LA grande de messe pâques avec des milliers de personnes qui descendent des montagnes alentour pour l’occasion.  C’est lors de cette messe que se font les baptêmes. Ici on ne baptise pas les petits enfants, ils reçoivent seulement une bénédiction, ce sont les adultes et les adolescents qui ont suivis trois ans de catéchèse, qui sont baptisés. L’argument est que cela laisse le libre choix à l’enfant de devenir chrétien ou pas.
Ainsi lors de cette messe j’ai pu assister aux baptêmes, ainsi qu’à une bénédiction de mariage, d’un couple qui venait de se faire baptiser.

Le reste de la journée, enfin je veux dire de l’après-midi, puisque la messe a fini à 12h30, je me suis rendue à une fête de la communauté Mada et à une fête donnée en l’honneur du baptême d’un des infirmiers de l’hôpital.

Ce fut une journée comme je les aime ici, partagée avec les gens !



La croix en bois fabriquée pour pâques

Chemin de croix jusqu'à la colline Baba Simon

Première pause




On gravi la Colline

Au somment une bénédiction et un chant

Les trois prêtres de Tokombéré

La descente vers 11h



jeudi 12 avril 2012

Le 8 mars ou la journée internationale de la femme

Chez nous peu de grands évènements pour cette journée, quelques présentateurs d’émission qui laissent leur place à leurs collègues féminines et les même sujets sur l’inégalité des salaires qui ressortent toujours à cette période.

Ici bien entendu rien à voir. La journée de la femme est une fête. Tout débute dans les semaines précédent le 8 mars, avec la recherche du pagne de la journée de la femme. Cette année deux coloris : le rose et le bleu-vert. Les femmes cherchent à se le faire offrir, qui par leur mari, qui par leur fils. Et il ne faut pas l’acheter trop tard car plus on approche de la date fatidique plus le prix augmente. Pour ma part, pas de mari, pas de fils donc c’est en femme indépendante que j’ai acheté moi-même mon pagne… rose biensûr.
Puis il y a le choix du modèle que l’on va faire coudre et le passage chez la couturière, de même il faut s’y prendre à temps, sinon la couturière est débordée par toutes les demandes. La nuit du 7 au 8, les couturières travaillent d’arrache pied pour finir les dernières commandes.
Voici mon modèle, que j’ai récupéré le mardi précédent, c'est-à-dire largement en avance.
Au-delà du pagne, la journée de la femme ne dure pas en réalité une seule journée, la semaine précédent le comité d’organisation de la journée internationale de la femme organise de nombreux évènements : conférences : cette année une sur le VIH-Sida et une sur l’autonomisation de la femme rurale (qui est le thème proposé par l’OMS), il y a eut une sortie à Maroua pour apprendre aux femmes de Tokombéré différentes pratiques de transformation des denrées , s’ajoute à cela un tournoi de football féminin et probablement d’autres rassemblements dont je n’ai pas été au courant.
Le jour même :
Les femmes de l’hôpital sont organisées en groupe de femmes, comme il en existe beaucoup dans le pays. Un groupe qui se réunit tout les deuxièmes samedi de chaque mois. A l’occasion du 8 mars, elles m’ont proposée de m’intégrer à leur groupe, ce qui m’a fait très plaisir, ainsi j’ai passé la journée avec elles.
Au petit matin (vers 8h) nous nous sommes retrouvées à la mission pour offrir aux pères deux poulets et des œufs, ainsi ils ont pu bénir notre journée. J’ai oublié de préciser, qu’il nous a été accordé une permission d’absence pour toutes les femmes de l’hôpital, un hôpital exclusivement masculin !
Vers 9h, nous voici arrivées à la place des fêtes de Tokombéré (devant le marché), où toutes les femmes se rassemblaient en vu du défilé. Ici les défilés sont très fréquents, je vous je vous en reparlerais probablement au cours du mois de mai. Dans l’arrondissement de Tokombéré, l’autorité suprême est le sous-préfet, ainsi tout commence et tout finit avec lui. Le rendez-vous était donc à 9h et l’invitation du sous-préfet à 10h, car c’est un homme très très ponctuel.
A 10h donc, soit après une heure dans la chaleur débutante, le sous-préfet est arrivé et l’hymne national a été entonné pour un groupe de femmes. Le sous-préfet a pris place dans la tribune et la présidente du comité d’organisation de la journée de la femme a fait son discours, puis le sous-préfet le sien.

Après cela se fut le défilé, chaque groupe de femme passaient les uns après les autres devant la tribune, bien en rang. Voici quelques photos :

A la suite le groupe des femmes de l’hôpital avait organisé un déjeuner au Kirdi (l’un des bars de la ville), elles y avaient convié les membres de l’administration de l’hôpital et les médecins. Au menu poulet, pain et jus, un moment très convivial, que j’ai été contente de partager avec ces femmes. A
A 15h nous nous sommes rendus à la finale du tournoi de foot féminin et c’est l’équipe de Tokombéré qui a gagné, sous une chaleur caniculaire. Je les admirais en les voyant courir sous ce soleil ardant, alors que mon seul désir était de me plonger dans une piscine.

Pour finir cette belle journée, nous nous sommes réunis à la maison de la femme de Tokombéré, pour un diner sympathique, si fond musical.

La journée de la femme voici un évènement marquant à ne pas manquer quand on reste un an en Afrique.